fermé

1. ferme [ fɛrm ] adj. et adv.
ferm masc. v. 1180; ferme XIIIe pour les deux genres, d'apr. le fém.; lat. firmus
I Adj.
1Qui a de la consistance, qui se tient, sans être très dur. compact, consistant, résistant. Poisson à chair ferme. « Prends encore ces tomates. Elles sont fermes et fraîches » (Mac Orlan). Ces pêches sont un peu fermes, pas très mûres. — Cuisses, seins fermes. Rendre plus ferme. raffermir. Sol ferme, où l'on n'enfonce pas. Terre ferme.
2(Personnes; parties du corps servant à se tenir; dans quelques expr.) Qui se tient, sans fléchir, ni chanceler. solide. Ce bébé est déjà ferme sur ses jambes. — DE PIED FERME : sans bouger, sans reculer. ⇒ immobile. Attendre qqn de pied ferme, sans quitter son poste, sa place; l'attendre sans crainte, prêt à l'affronter. ⇒ courageusement, hardiment, résolument. Fig. Il attend la critique de pied ferme.
3Qui n'hésite pas, qui a de l'assurance. assuré, décidé. Marcher d'un pas ferme. Fig. Avoir la main ferme, de la poigne, de l'autorité. « Elle entendit sa propre voix si ferme et si dure, et fut surprise du ton calme dont elle parlait » (Green). Écriture ferme. Style ferme. Rendre ferme. affermir.
4(Personnes; traits psychologiques) Que rien n'ébranle. « Ce vieillard, si ferme et si brave devant un tel danger » (Hugo). impassible, imperturbable, maître (de soi), stoïque.
Qui ne se laisse pas influencer, qui montre une calme autorité. décidé, déterminé, énergique, inébranlable, inflexible, résolu, tenace. Un père ferme avec ses enfants. Doux, mais ferme. Par ext. Répliquer d'un ton ferme. Un refus poli mais ferme. Être ferme dans ses résolutions. constant. Par ext. Avoir la ferme intention, résolution, volonté de faire qqch. arrêté, déterminé.
5Fig. (règlements, conventions) Qui ne change pas, sur quoi on peut compter. Des règles fermes. 1. fixe, immuable, stable. Bourse Valeur ferme, dont le cours ne change pas. ⇒ solide. Marché ferme. Par ext. Le coton est ferme. Qui est conclu, définitif, sur quoi on ne revient pas. Achat, vente ferme. sûr. Prix fermes et définitifs. Par ext. Vendeur, acheteur ferme.
II Adv. de manière
1Avec force, vigueur. dur, 1. fort. « Déjà les cuillers tapaient ferme au fond des assiettes » (Zola). Souquer ferme. Discuter ferme, avec ardeur, avec de nombreux arguments (cf. Discuter serré). Ça discute ferme, là-bas. Tenir ferme : tenir bon, résister.
2Par anal. beaucoup, intensément. « On avait bu ferme » (Aragon). sec. Travailler ferme. S'ennuyer ferme.
3D'une manière définitive. Acheter, vendre ferme. Retenir ferme.
⊗ CONTR. 1. Flasque, 1. mou. Chancelant, vacillant. Hésitant, faible. Fluctuant, indexé. — Doucement. Provisoirement. ferme 2. ferme [ fɛrm ] n. f.
• v. 1175; de fermer « établir de manière ferme, fixer », de 1. ferme
IDr. louage.
1Convention par laquelle un propriétaire abandonne à qqn pour un temps déterminé la jouissance d'un domaine agricole, moyennant une redevance en argent ou en nature (surtout dans à ferme). Donner ses terres à ferme. affermer; affermage. Bail à ferme.
2 Convention par laquelle le propriétaire d'un droit en abandonne à qqn la jouissance pour un temps déterminé et moyennant un prix fixé. La ferme des jeux.
Anciennt Système de perception des impôts indirects dans lequel le fonctionnaire ( fermier, 1o ) traitait à forfait pour une somme déterminée à remettre d'avance au roi, se réservant pour salaire la différence entre cette somme et les sommes effectivement perçues. Administration de cette perception. Ferme des gabelles.
IIPar ext.
1Exploitation agricole donnée à ferme; cour. Toute exploitation agricole. domaine, métairie. Exploiter une ferme. Les grandes fermes de la Beauce. Les grandes fermes d'Amérique du Sud ( estancia, fazenda, hacienda) , des États-Unis ( ranch) . Les fermes d'un kolkhoze, d'un sovkhoze, d'un kibboutz. Ferme agricole, ferme d'élevage, ferme viticole. Par ext. Ferme aquacole, marine ( aquaculture) . Bâtiments d'une ferme : maison d'habitation, bâtiments réservés aux animaux, aux récoltes, etc. ( écurie, étable; cellier , fenil, grange, hangar, remise) . Cour de ferme. basse-cour. Valet, fille de ferme : domestiques employés aux travaux de la ferme. — Lait, beurre de ferme. fermier.
2Cour. Les bâtiments de la ferme. maison. Les troupeaux rentrent le soir à la ferme. Ferme provençale. bastide, mas. Ferme normande à colombages. Acheter une vieille ferme pour en faire une résidence secondaire. 2. fermette.
ferme 3. ferme [ fɛrm ] n. f.
• 1690; de fermer « fixer »
1Archit. Assemblage de pièces destinées à porter le faîtage, les pannes et les chevrons d'un comble. charpente, 1. comble; arbalétrier, chantignole, contrefiche, entrait, poinçon.
2(1752; de « fermer [une ouverture] ») Théâtre Décor de théâtre monté sur châssis, qui se détache en avant de la toile de fond ou s'élève des dessous par des trappes.

ferme adjectif (latin firmus) Se dit d'une matière, et en particulier de la chair, qui est compacte, dure, solide (par opposition à mou) : Sol ferme. Avoir un corps ferme. Qui manifeste de la sûreté, qui ne tremble pas : Écriture ferme. Être ferme sur ses jambes. Qui a de l'assurance, de la décision, qui est sans hésitation ni faiblesse : Parler d'un ton ferme. Il a été ferme sur ce point. Se dit d'une attitude, d'une volonté inébranlable, inéluctable, sûre : J'ai la ferme volonté de ne pas céder. Qui est mûrement réfléchi, sur lequel on ne peut revenir : Prendre un engagement ferme. Qui montre de l'autorité, de l'énergie vis-à-vis de quelqu'un, qui ne cède pas : Être ferme avec ses enfants. Se dit d'une valeur, d'une monnaie dont le cours est stable ou en hausse : L'euro s'est montré ferme. Se dit d'une opération commerciale, qui a un caractère définitif : Une vente ferme. Se dit d'un prix qui, par décision, ne peut subir aucune augmentation pendant une certaine période (par opposition à prix indexé). Se dit d'une opération d'achat ou de vente à terme qui devrait, en principe, se terminer par la livraison des titres (par opposition à l'achat ou à la vente à primes). ● ferme (expressions) adjectif (latin firmus) De pied ferme, sans reculer, sans bouger ; résolument, courageusement : Attendre l'ennemi de pied ferme. Pierre ferme, pierre calcaire dont la masse volumique est comprise entre 1 850 et 2 350 kg°m3 et la résistance entre 28 et 52 MPa. Terre ferme, le sol du rivage, du continent par opposition à l'eau ou à l'air. ● ferme (synonymes) adjectif (latin firmus) Se dit d'une matière, et en particulier de la chair...
Synonymes :
- dur
Contraires :
- élastique
Qui manifeste de la sÛreté, qui ne tremble pas
Synonymes :
- assuré
- décidé
Contraires :
Qui a de l'assurance, de la décision, qui est sans...
Synonymes :
- déterminé
- énergique
- opiniâtre
- sévère
Contraires :
- influençable
Se dit d'une attitude, d'une volonté inébranlable, inéluctable, sÛre
Synonymes :
- inébranlable
- résolu
Qui est mÛrement réfléchi, sur lequel on ne peut revenir
Synonymes :
- définitif
- irrévocable
Contraires :
Qui montre de l'autorité, de l'énergie vis-à-vis de quelqu'un, qui...
Contraires :
- lâche
- mou
Se dit d'une valeur, d'une monnaie dont le cours est...
Synonymes :
- résistant
Contraires :
- agité
- hésitant
ferme adverbe Solidement, vigoureusement, sans fléchir : Tenir ferme contre l'ennemi. Beaucoup, fortement : Il travaille ferme en ce moment. D'une manière définitive et sans possibilité de se dédire : Acheter ferme et au comptant. Sans sursis : Être condamné à deux ans de prison ferme.ferme nom masculin Gisement en place qui existe sur le côté d'une galerie. ● ferme nom féminin (ancien français fermer, fixer) Ensemble de pièces de charpente assemblées dans un plan vertical et transversal à la longueur du toit, placées de distance en distance pour soutenir une couverture à deux versants. (Les fermes les plus simples se composent de deux arbalétriers, d'un entrait, d'un poinçon ; elles supportent les chevrons par l'intermédiaire de pannes.) Décor de théâtre monté sur un châssis qui s'élève des dessous. ● ferme nom féminin (ancien français fermer, fixer des conditions, du bas latin firma, convention, du latin classique firmus, convenu) Accord par lequel l'État autorise, moyennant rétribution, un particulier à exercer un certain monopole, par exemple ouvrir et tenir une maison de jeux. Sous l'Ancien Régime, convention par laquelle l'État confiait à un particulier le recouvrement de taxes ou d'impôts moyennant le versement d'une somme forfaitaire, les excédents éventuels devenant la propriété du fermier. ● ferme nom féminin (de ferme) Domaine agricole donné en fermage. Exploitation agricole en général. Ensemble constitué par l'habitation de l'agriculteur et les bâtiments de l'exploitation agricole qu'il dirige. ● ferme (synonymes) adverbe Solidement, vigoureusement, sans fléchir
Synonymes :
Beaucoup, fortement
Synonymes :
- intensément
ferme (expressions) nom masculin Galerie au ferme ou en ferme, galerie tracée dans une partie encore non exploitée d'un gisement. ● ferme (expressions) nom féminin (ancien français fermer, fixer des conditions, du bas latin firma, convention, du latin classique firmus, convenu) Bail à ferme, contrat par lequel un propriétaire abandonne, pendant 9 ans au minimum, à un locataire (fermier) l'exploitation d'un domaine moyennant le paiement d'un loyer. ● ferme (expressions) nom féminin (de ferme) Ferme marine, installation maritime destinée à l'élevage de certains poissons (saumon). Valet de ferme, fille de ferme, salariés employés par le fermier. ● ferme (synonymes) nom féminin (de ferme) Exploitation agricole en général.
Synonymes :
- métairie
- propriété

adj. et adv.
rI./r adj.
d1./d Qui offre une certaine résistance. Un fromage à pâte ferme. La terre ferme.
d2./d Qui se tient de façon stable. être ferme sur ses pieds.
Loc. De pied ferme: sans reculer, résolument. Attendre un adversaire de pied ferme.
|| FIN Dont les cours en Bourse ne baissent pas. Valeur ferme.
d3./d Qui n'hésite pas. Marcher d'un pas ferme. Une voix ferme.
d4./d Fig. Qui ne se laisse pas ébranler. être ferme dans ses résolutions.
Par ext. Avoir la ferme intention de faire qqch.
|| Qui fait preuve d'autorité. être ferme avec les enfants.
d5./d Sans sursis, en parlant d'une condamnation. Prison ferme.
rII./r adv. Avec ardeur. Discuter ferme.
Travailler ferme, beaucoup.
Tenir ferme: résister vigoureusement.
————————
n. f.
d1./d CONSTR Assemblage d'éléments de charpente disposé verticalement pour servir de support à une couverture.
d2./d SPECT Décor monté sur des châssis, qui s'élève des dessous de la scène, en avant de la toile de fond.
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n. f.
rI./r
d1./d DR Convention par laquelle le propriétaire d'un fonds de terre, d'une rente, d'un droit, en abandonne la jouissance pour un certain temps et moyennant un prix fixé. Bail à ferme. Prendre à ferme.
d2./d HIST Système français où le droit de percevoir certains impôts était délégué par l'état à des particuliers.
Par ext. Administration chargée de cette perception.
rII./r
d1./d Exploitation agricole louée à ferme.
Par ext. Toute exploitation agricole. Des produits de ferme. Syn. (Antilles fr., Haïti, Louisiane, oc. Indien) habitation.
d2./d Ensemble constitué par l'habitation de l'agriculteur et les bâtiments y attenant. Une cour de ferme.

I.
⇒FERME1, adj., adv. et interj.
I.— Adjectif
A.— [En parlant d'un inanimé concr.] Qui présente une certaine résistance à la pression, qui est consistant sans être dur. (Quasi-)synon. compact, consistant; anton. flasque, mou, souple, tendre. Un vivant (...) chancelle entre le ciel et le gouffre. Le sol n'est pas ferme sous ses pas, mais ébranlé d'un tremblement qui fait choir les tours et les colonnes (DURRY, Nerval, 1956, p. 180) :
1. Toutes les feuilles sont luisantes et fermes, analogues à celles du laurier, de l'yeuse; pas d'équivalent de celles du coudrier, par exemple, dont la consistance molle et feutrée, comme spongieuse à la lumière, donne au rayon qui les traverse une coloration verdorée, et fait aux halliers normands leur mystère.
GIDE, Voy. Congo, 1927, p. 763.
En partic.
Terre ferme.
♦ [En parlant d'un fruit ou d'une partie du corps] Chair ferme. Un petit sein blanc, élastique, bien ferme (NAPOLÉON Ier, Lettres Joséph., 1796, p. 60). Quand elle est à point, il se forme tout autour une croûte qu'on casse pour prendre juste la belle chair ferme (GUÈVREMONT, Survenant, 1945, p. 48).
B.— [En parlant d'une pers. ou d'un inanimé]
1. [En parlant d'une pers. et p. méton. d'une partie du corps humain]
a) Qui se tient sans chanceler, qui ne se laisse pas ébranler facilement. Synon. stable. L'enfant, qui resta ferme en selle (SAND, Beaux MM. Bois-Doré, t. 2, 1858, p. 71). Ce vieillard de quatre-vingts ans, la tête branlante, le pied ferme, se mit à gravir lentement l'escalier de pavés (HUGO, Misér., t. 2, 1862, p. 366) :
2. ... mais en revanche, voluptueuse est la sensation, à chaque gorgée de cette seconde tasse, de remonter, de me retrouver ferme sur mes jambes, et prêt de nouveau à faire face.
DU BOS, Journal, 1927, p. 196.
Loc. adv. De pied ferme. Sans bouger. J'attendis donc le choc de pied ferme (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 425). Au fig. (cf. attendre ex. 8).
Loc. verbale. Être ferme sur ses étriers.
b) Qui traduit la force, l'assurance. Marcher d'un pas ferme; écrire, piloter d'une main ferme; poigne, voix ferme. Synon. assuré, décidé, résolu. Vampa (...) continua son chemin du même pas ferme et tranquille (DUMAS père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 459). — Oui, dit-il d'une voix ferme... Je sais. (...) Il est maintenant indifférent et placide (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 166). Leurs ancêtres (...) dirigeaient d'une main ferme leurs affaires (CARREL, L'Homme, 1935, p. 212).
Au fig. Avoir la main ferme. Un homme d'intelligence fine, ayant la vue saine des choses, la main ferme, le caractère décidé (THARAUD, Rayon vert, 1941, p. 71).
En partic., domaine de la création artistique et littér. Qui témoigne de maîtrise, d'assurance. Dessin, coup de pinceau, exécution, tracé, jeu ferme; style ferme. Des idées si saines exprimées dans un style si ferme, si précis et si simple (VERLAINE, Œuvres posth., t. 2, Baudel., 1865, p. 17). Peinture ferme, où les illusions du dessin sont d'abord dominées (ALAIN, Beaux-arts, 1920, p. 263) :
3. MM Tissier et J. Guignet ont conservé leur touche et leur couleur sûres et solides. (...). M. Victor Robert, l'auteur d'une immense allégorie de l'Europe, est certainement un bon peintre doué d'une main ferme; mais l'artiste qui fait le portrait d'un homme célèbre ne doit pas se contenter d'une pâte heureuse et superficielle; car il fait aussi le portrait d'un esprit.
BAUDEL., Salon, 1846, p. 162.
2. Au fig.
a) [En parlant d'une pers.]
Littér. Que rien ne peut ébranler. Âme ferme. Synon. impassible, imperturbable, stoïque :
4. De mon côté, grâce à ces continuelles communications qui créaient entre nous d'innombrables rapports, je devenais plus libre, plus ferme, plus sûr de moi dans tous les sens, et c'était un grand progrès, car Madeleine y voyait un pas fait dans la franchise.
FROMENTIN, Dominique, 1863, p. 161.
Ferme + prép. Ferme dans l'adversité, dans ses résolutions.
Qui ne se laisse pas influencer, qui montre de l'autorité. Être doux mais ferme. Au lieu d'être faible et dur, il faudrait être ferme et doux, mais je suis un sot (CONSTANT, Journaux, 1813, p. 382).
Ferme + prép. Être ferme avec qqn. Ferme à + inf. (rare). M. de Séranville, toujours ferme à refuser, changea cinq ou six fois de système quant aux raisons de refuser (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1836, p. 183).
b) P. méton. Qui dénote l'assurance, l'autorité, la résolution; qui témoigne d'une attitude sur laquelle on ne transige pas. Regard ferme; ton ferme d'une déclaration, d'une lettre; refus poli mais ferme; instructions très fermes. L'amabilité (...) vaincra toute mauvaise volonté extérieure, sauf peut-être de rares exceptions dont une attitude ferme, mais toujours digne et polie, ferait prompte justice, sois-en sûr (VERLAINE, Œuvres posth., t. 2, Voy. Fr., 1896, p. 84). Phrase décisive, habile et ferme à la fois (BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 104).
[En parlant d'un inanimé abstr.]
Littér. [L'adj. est gén. antéposé] Qui est constant. Ferme propos, résolution; avoir la volonté ferme de; avoir une ferme espérance. Synon. arrêté, décidé, solide. Le menton proéminent est le signe des fermes volontés (GUÉHENNO, Journal homme 40 ans, 1934, p. 70). Cette tenue, il l'avait endossée dans la ferme intention de nous en imposer la vue (VERCORS, Silence mer, 1942, p. 66).
♦ Qui ne change pas, sur quoi l'on peut compter. Convention, proposition, règle ferme.
C.— Emplois spéc.
1. BOURSE et COMM. Achat, marché, vente ferme; prix fermes et définitifs. À caractère définitif. Anton. conditionnel. On appelle « marchés fermes » ceux où le vendeur et l'acheteur sont tenus d'exécuter tous leurs engagements (BOYARD, Bourse et spécul., 1853, p. 170). V. achat ex. 11.
2. CH. DE FER. Prix, tarif ferme. Il est plus exact de les [les prix de transports] fixer en bloc pour chaque parcours que de les calculer d'après une formule basée sur la distance. Ce système est celui des « prix fermes » ou de « gare à gare » (BRICKA, Cours ch. de fer, t. 2, 1894, p. 1007).
II.— Adverbe
A.— Avec force, intensité. Fabrice (...) prit la main du cadavre qu'il secoua ferme (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p. 38). Le froid pinçait ferme (COPPÉE, Bonne souffr., 1898, p. 83).
Loc. verbales
Discuter ferme. Discuter avec énergie, âpreté. Dans la salle, on bavarde ferme, et personne ne danse plus (COLETTE, Cl. école, 1900, p. 318). Tu ne montes pas? Ça discute ferme, là-haut... C'est intéressant (MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p. 249).
(Se) tenir ferme. (Se) tenir solidement. Elle l'attendait sur le seuil de sa chambre, en se tenant ferme aux jambages de la porte (CHÂTEAUBRIANT, Lourdines, 1911, p. 115). Au fig. Tiens ferme ce que tu as (GIDE, Retour enf. prod., 1907, p. 482).
B.— Avec abondance, beaucoup. Conan s'est donc mis à chopiner ferme (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 227). Il aurait mieux fait d'étudier sérieusement Marx. (...) il fallait qu'il s'établisse un programme et qu'il se mette à bûcher ferme (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 120).
C.— Spécialement
1. BOURSE, COMM. D'une manière nette et définitive, en s'en tenant au prix et aux conditions fixées. Anton. sous condition. Acheter, vendre ferme; réserver ferme. Il faut du nerf, alors que vous vendez ferme comme si vous saviez tout (CLAUDEL, Échange, 1re version, 1894, I, p. 672).
2. DR. PÉNAL. Sans sursis. Un an (de prison) ferme. Si on pouvait les pincer une bonne fois, elles écoperaient ferme, c'est fort probable (BLOY, Femme pauvre, 1897, p. 257). Cf. Le Républicain Lorrain, 22 juin 1978, p. 16.
III.— Interj., vieilli. ,,Quand on veut inciter au courage. Allons, ferme mes amis!`` (Ac.).
Prononc. et Orth. :[]. Enq. : //. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1140 adj. fém. ferme « solide » (G. GAIMAR, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 4267); ca 1180 adv. ferm (forme de l'adj. masc.) « solidement » (MARIE DE FRANCE, Fables, 3, 62 ds T.-L.); 2. ca 1160 au fig. « sûr » (Eneas, 7856, ibid.); XIIIe s. emploi de la forme fém. ferme pour le masc. (Trad. Ovide Remèdes d'Amour, 615, ibid.). Du lat. class. firmus « solide, sûr, résistant, inébranlable » (cf. J. FAHRENSCHON, Firmus, Geschichte der Bedeutungen dieses Wortes und seiner Ableitungen in der rom. Sprachen, Diss., München, 1938, pp. 10-46). Fréq. abs. littér. : 3 277. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 3 882, b) 4 945; XXe s. : a) 5 760, b) 4 509. Bbg. GRUNDT (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Bergen — Oslo — Tromsø, 1972, p. 120, 180, 234, 235.
II.
⇒FERME2, subst. fém.
A.— Domaines jur. et fin.
1. Vieux
a) Convention par laquelle le propriétaire d'un droit en abandonne la jouissance à un tiers, pour un temps et un prix fixés. La ferme des chaises d'une église (Ac.).
Ferme des jeux (Ac.). Autorisation de tenir une maison de jeux.
b) HIST. (Ancien Régime). Délégation faite par le roi à des particuliers, de percevoir certains revenus publics. Les fermes des droits du roi, la ferme générale des gabelles, des aides (Ac.).
P. ext. Administration chargée de percevoir ces revenus. Il est certain que l'accaparement du numéraire ne peut se faire par les agents de la caisse et des fermes, sans l'appui du Ministère (MARAT, Pamphlets, Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 191). Il obtint un emploi dans la ferme générale, dans les fermes; un employé des fermes (Ac.).
c) P. anal., JEUX. [Au XVIIIe s.] Jeux de société qui se pratiquent avec des dés ou des cartes. Attesté ds Lar. 19e-Lar. Lang. fr., LITTRÉ, DG, GUÉRIN 1892, ALLEAU 1964, Mots rares 1965.
2. AGRIC. et usuel. Convention par laquelle le propriétaire d'un bien foncier, notamment d'une exploitation agricole, en abandonne la jouissance à un tiers pour un temps et un prix fixés.
Loc. adv. À ferme. L'avenir, ne sera-ce pas l'état absorbant tout, assurant tout, tenant à ferme la propriété de chacun? (GONCOURT, Journal, 1860, p. 862). Il avait envie de prendre à ferme tous les remblais de la ligne du nord pour y semer des pommes de terre (FLAUB., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 146) :
1. Si, au contraire, le locataire ou le fermier ont été troublés dans leur jouissance par suite d'une action concernant la propriété du fonds, ils ont droit à une diminution proportionnée sur le prix du bail à loyer ou à ferme...
Code civil, 1804, art. 1726, p. 315.
B.— [P. méton. de A 2]
1. Exploitation agricole qui a fait l'objet d'un bail à ferme; p. ext. toute exploitation agricole. Ferme école, modèle, pilote; fille, garçon, valet de ferme; exploiter, habiter, louer une ferme. L'exploitation d'une terre est ici la plus fatigante des industries. Nous avons peu de revenus en argent, nos fermes sont cultivées à moitié, système qui veut une surveillance continuelle (BALZAC, Lys, 1836, p. 88). Quelques jours après, mon père alla chasser sur la ferme de Serrières (GYP, Souv. pte fille, 1928, p. 15) :
2. ... je croyais docilement que l'ouvrier dans la rue, le paysan dans sa ferme me devaient de la reconnaissance puisque je me consacrais d'une manière noble, pure et désintéressée à la spécialité du spirituel au profit de l'homme en général, qui comprend, parmi ses espèces, des ouvriers et des fermiers.
NIZAN, Chiens garde, 1932, p. 13.
2. En partic. (L'exploitation du point de vue des) bâtiments et espaces constitués par ceux-ci. Cour de (la) ferme. Cette cour avait l'aspect d'une cour de grande ferme; elle était encombrée de charrues, de bétail, de fumiers, de volailles, de tous les instruments de la vie rustique (LAMART., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 84). Nous en logions [les Cosaques] une douzaine à la ferme. Ils puisaient de l'eau, portaient du bois et gardaient les enfants (FRANCE, Pt Pierre, 1918, p. 242).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1175 « convention par laquelle un propriétaire donne à bail un fonds aux fins d'exploitation, moyennant un loyer » a ferme (B. DE STE-MAURE, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 40325); b) 1481 « convention d'exploitation d'un droit, administration chargée du prélèvement d'une taxe » (J. DE ROYE, Chronique scandaleuse, éd. B. Mondrot, II, 110); 2. 1539 « domaine rural, bâtiments d'une exploitation agricole » (EST.). Dér. de fermer au sens fig. attesté en a. fr. de « établir d'une manière ferme, fixer » (XIIe s., Psautier Cambridge, CIV, 10, éd. Fr. Michel, p. 191) d'où « donner en exploitation selon une convention bien établie, donner à ferme » (Sept Sages, éd. J. Misrahi, 4546). Cf. lat. médiév. firma subst. au sens de « bail à ferme » attesté pour le domaine anglo-saxon dep. 1100 ds NIERM.; v. aussi J. FAHRENSCHON, Firmus, Geschichte der Bedeutungen dieses Wortes und seiner Ableitungen in den rom. Sprachen, Diss., München, 1938, pp. 103-119. Fréq. abs. littér. :2 522. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 2 985, b) 3 794; XXe s. : a) 4 438, b) 3 475. Bbg. CHAUTARD (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 69. — COBBAN (A.). The Vocabulary of social history. Political science quaterly. 1956, t. 71, pp. 13-14. — DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 13. — GILLIERON (J.). Les Conséquences d'une collision lexicale... In : Cinquantenaire de l'Éc. pratique des hautes ét. Paris, 1921, p. 57. — QUEM. DDL t. 5.
III.
⇒FERME3, subst. fém.
CONSTR. Assemblage de pièces de bois ou de métal destinées à porter le faîtage d'un toit. Un comble composé de fermes de tôle (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 40).
Spéc. Décor de théâtre monté sur un châssis (cf. FRANCE 1907). Bordenave s'emportait contre les machinistes, qui n'en finissaient pas d'enlever le décor (...), le prince allait recevoir quelque ferme sur la tête (ZOLA, Nana, 1880, p. 1204).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1. 1344 archit. et charpent. (Texte ds GLANVILLE, Hist. du Prieuré de Saint-Lô de Rouen, pièces justificatives, II, 400); 2. 1752 théâtre (Trév.). Déverbal de fermer au sens de « attacher, fixer » pour le terme d'architecture.
DÉR. Fermette, subst. fém. a) Ferme de faux comble ou de lucarne. (Attesté notamment ds ROB. et Lar. Lang. fr.). b) Barrage à fermettes. Écluse soutenue par des fermes. Le bruissement monotone des nappes glissant entre les fermettes du barrage (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 53). []. 1re attest. 1690 archit. (ici, charpent.) (FUR.); de ferme3, suff. -ette.
BBG. — Archit. 1972, p. 55, 115.

1. ferme [fɛʀm] adj., adv. et interj.
ÉTYM. V. 1180, ferm, au masc.; puis ferme, XIIIe, d'après le fém.; du lat. firmus.
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I Adj. (En général après le nom).
1 Qui a de la consistance, qui se tient, sans être très dur. Compact, consistant, résistant.(En parlant d'aliments). || La chair de ce poisson est ferme. || Fruits à chair ferme. || Ces pêches sont un peu fermes, pas très mûres.(En parlant d'une partie du corps). || Une femme à la chair (cit. 21) lisse et ferme. || Des chairs fermes. || Cuisses, seins fermes. || Gymnastique pour rendre le corps plus ferme. Raffermir.Pâte ferme utilisée en pâtisserie. || Sol ferme, sur lequel on n'enfonce pas. || Terre ferme.
1 (…) quelle gorge ! blanche, ferme, taillée comme celle de la Vénus de Médicis (…)
Voltaire, Candide, XI.
2 Prends encore ces tomates. Elles sont fermes et fraîches (…)
P. Mac Orlan, la Bandera, p. 150.
3 Il (…) se dégagea de ses skis et sentit avec plaisir un sol ferme adhérant à ses souliers (…)
J. Chardonne, les Destinées sentimentales, p. 485.
2 (Personnes; partie du corps servant à se tenir; seulement dans quelques expressions). Qui se tient, sans fléchir, ni chanceler. Solide (→ Ainsi, cit. 18). || Ce bébé est déjà ferme sur ses jambes. Droit, raide, robuste. || Cavalier ferme sur ses étriers, bien en selle, d'aplomb.Avoir les reins, les jarrets, la main fermes. Fort, solide, vigoureux.
4 (…) la tête haute, le regard assuré, les bras étendus, le corps droit, le jarret ferme.
Voltaire, Zadig, XIV.
5 Il est debout dans la prairie, robuste et ferme encore des épaules, mais le poids du corps tombant sur les genoux fléchis.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », III.
De pied ferme : sans bouger, sans reculer. Immobile. || Soldats qui attendent l'ennemi de pied ferme.Fig. || Il attend la critique de pied ferme, sans crainte, avec l'intention d'y répondre. Courageusement, hardiment, résolument.
3 (De la démarche, des gestes, de leurs résultats et des parties du corps qui les accomplissent). Qui n'hésite pas, qui a de l'assurance. Assuré, décidé. || Marcher d'un pas ferme (→ Arpenter, cit. 3). || Écrire (cit. 4) d'une main ferme et rapide. Sûr.Fig. || Avoir la main ferme, de la poigne, de l'autorité.Voix ferme.
6 Il marchait d'un pas ferme au bord des précipices.
Voltaire, la Henriade, IX.
7 Elle entendit sa propre voix si ferme et si dure, et fut surprise du ton calme dont elle parlait (…)
J. Green, Léviathan, II, XI.
Par métonymie. || Une écriture (cit. 5) ferme, tracée fermement.Arts. Se dit d'une manière d'exécuter vigoureuse et hardie. Vigoureux. || Avoir le coup de crayon ferme; un pinceau, un burin ferme. || Le tracé de ce dessin est ferme. || Le jeu de ce pianiste est ferme sans dureté ni sécheresse.Un style ferme, qui a de la vigueur et de la concision.
8 (…) le coup de pinceau y est (dans les « Rêveries du promeneur solitaire ») large, plein, facile, grave encore et ferme, bien que souple et gracieux (…)
Sainte-Beuve, Chateaubriand, t. I, p. 194.
4 (Personnes; traits psychologiques). Que rien n'ébranle. || Il est resté ferme devant le danger. Courageux, impassible, imperturbable, intrépide, maître (de soi), stoïque. || Âme ferme. Mâle, viril.
9 Je vous crois fort au-dessus des revers que vous avez essuyés. Toutes les âmes nobles sont fermes.
Voltaire, Lettres, de la Borde, 16 avr. 1770.
10 Ce vieillard, si ferme et si brave devant un tel danger, semblait être de ces natures qui sont courageuses comme elles sont bonnes, aisément et simplement.
Hugo, les Misérables, III, VIII, XX.
Qui ne se laisse pas influencer, qui montre une calme autorité. Autoritaire, décidé, déterminé, énergique, inébranlable, inflexible, résolu, tenace. || Un père ferme avec ses enfants. || Soyez ferme avec cet élève, il en prend trop à son aise. || Doux, mais ferme (→ Autant, cit. 28).Par ext. || Le ton ferme d'une lettre, d'une affirmation (→ Affirmer, cit. 1), d'une déclaration. || Refus poli mais ferme.
11 Il est bon d'être ferme par tempérament, et flexible par réflexion.
Vauvenargues, Réflexions et maximes, 191.
Être ferme dans ses résolutions, dans l'adversité. Ancré, constant (→ Agitation, cit. 7; esprit, cit. 79). || Rester ferme dans sa foi.
12 (…) les hommes les plus fermes dans leurs résolutions sont sujets à changer, et vous voulez qu'une femme soit inébranlable dans les siennes !
A. R. Lesage, Gil Blas, V, I.
Par ext. (L'adj. est en général antéposé). || Avoir le ferme propos, la ferme intention, la ferme volonté de faire qqch. Arrêté, déterminé (→ Assurance, cit. 14). || La vertu la plus ferme (→ Éviter, cit. 15).
5 (En parlant de règlements, de conventions). Qui ne change pas, sur quoi on peut compter. || Des règles fermes. Fixe, immuable, stable. || Rente ferme. Assuré.Spécialt (bourse). || Valeur ferme, dont le cours ne change pas. Solide. || Marché ferme (→ Faible, cit. 30.1).Par ext. || Le coton est ferme. Qui est conclu, définitif, dont on ne peut plus se dédire. || Une proposition ferme. || Achat, vente ferme. || Conclure un marché ferme. || Prix fermes et définitifs.Par ext. (Sujet n. de personne). || Vendeur, acheteur ferme.
N. m. || Un ferme : une opération, un marché ferme.
12.1 À trois heures et demie la Bourse est dans tout le feu des reports, des fins-courants, des primes, des fermes.
Balzac, in P. Larousse (1872).
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II Adv. de manière.
1 Avec force, vigueur. Dur, fort. || Frapper ferme. || Frotter ferme (→ Astiquer, cit. 2). || Souquer ferme.Par ext. || Discuter ferme, avec ardeur, avec de nombreux arguments. Serré. || Ça discute ferme, là-bas.
13 On disputera fort et ferme de part et d'autre (…)
Molière, Critique de l'École des femmes.
14 Déjà les cuillers tapaient ferme au fond des assiettes.
Zola, la Terre, II, VII.
Loc. Tenir ferme. || Tenons-nous plus ferme, raidissons-nous. || Tenez ferme la rampe. Bon, fermement, fortement, solidement (→ Cabri, cit. 1). — Fig. || Tenir ferme contre l'ennemi. Résister. || Tenez ferme, votre situation s'arrangera.
15 Il harangua tout le troupeau,
Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau,
Les conjurant de tenir ferme (…)
La Fontaine, Fables, IX, 19.
16 (…) les matelots, en se tenant ferme par les bras (…)
Gide, Trad. Joseph Conrad, Typhon, p. 167.
2 Beaucoup, intensément. || Boire ferme. Sec. || Travailler ferme.
17 Dans les petits cafés près de la fabrique, on avait bu ferme.
Aragon, les Beaux Quartiers, p. 155.
18 Carlotta dormait ferme, avec le désespoir des enfants qui savent qu'on les dérangera.
Aragon, les Beaux Quartiers, p. 377.
18.1 Ça sautait, ça valsait, ça se bagarrait ferme, en bas.
R. Queneau, Pierrot mon ami, L. de Poche, p. 95.
3 Bourse, comm. D'une manière définitive. || Acheter, vendre ferme. || Retenir ferme.
4 Dr. pénal. Sans sursis. || Deux ans (de prison) ferme. || Être condamné à six mois ferme.
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III Interj. (Vx). Pour inciter au courage, à l'énergie.
19 Ne sauriez-vous jouer en mesure ? La, la, la… Ferme, ô violons de village.
Molière, les Précieuses ridicules, 12.
CONTR. Avachi, flasque, inconsistant, mou. — Chancelant, ébranlé, vacillant. — Hésitant, tremblant; chevrotant (voix). — Défaillant, faible, pusillanime; accessible, mou. — Désossé, élastique, souple; variable; conditionnel.
DÉR. 2. Ferme, fermement.
COMP. Affermir.
HOM. 2. Ferme, 3. ferme. — Formes du v. fermer.
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2. ferme [fɛʀm] n. f.
ÉTYM. V. 1175, rente à ferme, d'abord « convention moyennant un arrérage ferme, fixe »; de 1. ferme, adj.
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I Dr. Louage.
1 Convention par laquelle un propriétaire abandonne à qqn pour un temps déterminé la jouissance d'un domaine agricole, moyennant une redevance en argent ou en nature (surtout dans : à ferme). || Donner ses terres à ferme à qqn (le fermier). Affermer, affermage. || Prendre une propriété à ferme. || Bail à ferme : contrat verbal ou écrit entre le propriétaire et le locataire ( Fermier).Prix, loyer de la ferme. Fermage (→ Arrérage, cit. 3; emménager, cit. 2).
1 Le bail, sans écrit, d'un fonds rural, est censé fait pour le temps qui est nécessaire afin que le preneur recueille tous les fruits de l'héritage affermé. Ainsi le bail à ferme d'un pré, d'une vigne, et de tout autre fonds dont les fruits se recueillent en entier dans le cours de l'année, est censé fait pour un an.
Code civil, art. 1774.
2 (1538). Convention par laquelle le propriétaire d'un droit en abandonne à qqn la jouissance pour un temps déterminé et moyennant un prix fixé. || La ferme des chaises d'une église. || La ferme des jeux, qui autorise à tenir des maisons de jeu.
Hist. Sous l'Ancien Régime, Délégation que le souverain faisait à des particuliers de percevoir certains revenus.Par ext. Système de perception des impôts indirects dans lequel le fonctionnaire ( Fermier, 1., hist.) traitait à forfait pour une somme déterminée à remettre d'avance au roi, se réservant pour salaire la différence entre cette somme et les sommes effectivement perçues.Administration de cette perception. || La ferme des aides, des gabelles, des douanes. || Ferme générale, fondée par Colbert.
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II
1 Écon. Exploitation agricole donnée à ferme.Cour. Toute exploitation agricole. Domaine, métairie. || Exploiter une ferme. || Les grandes fermes de la Beauce. || Les grandes fermes d'Amérique du Sud ( Estancia, fazenda, hacienda), des États-Unis ( Ranch). || Les fermes d'un kolkhoze, d'un sovkhoze; les fermes d'un kibboutz.Ferme agricole, ferme d'élevage, ferme viticole. (1903, in Rev. gén. des sc., no 22, p. 1152). || Ferme modèle. || Ferme école, ferme pilote.Champs, pâturages d'une ferme. || Jardin de ferme. Courtil. || Bâtiments d'une ferme : maison d'habitation, bâtiments réservés aux animaux ( Abri; écurie, étable), aux récoltes, aux outils ( Cellier, fenil, grange, hangar, pailler, remise). || Cour de ferme. Basse-cour; régional airial. || Puits, mare, fosses d'une ferme. || Les animaux de la ferme.
2 Jean (…) avait justement devant lui, à deux kilomètres, les bâtiments de la ferme (…) C'étaient des murs bas, une tache brune de vieilles ardoises, perdue au seuil de la Beauce, dont la plaine, vers Chartres, s'étendait.
Zola, la Terre, I, I.
2 Cour. Les bâtiments de la ferme. Maison; → ci-dessus, II., 1. || Les troupeaux rentrent le soir à la ferme. || Ferme au sol de terre battue. || Ferme provençale. Bastide, mas, maset. || Ferme normande à colombages. || Acheter une vieille ferme pour en faire une résidence secondaire ( Fermette).
3 (…) une bâtisse, rectangulaire, d'une certaine étendue, couverte de tuiles rouges brunies par le temps. L'aspect d'une ferme.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, X, p. 77.
4 La ferme, je la connais; cramponnée à la terre comme une bête basse, un dos de pierre aux gros muscles, et, soufflant dans la poussière noire des schistes, une petite tête qui est une soue à cochon. D'étroites fenêtres, juste de quoi laisser passer un canon de fusil.
J. Giono, Solitude de la pitié, Pl., t. I, p. 535.
3 Valet, fille de ferme, employés aux travaux de la ferme.
DÉR. Fermage, 2. fermette, fermier.
COMP. Affermer. — (Du sens II., 1.) Sous-ferme.
HOM. 1. Ferme, 3. ferme. — Formes du v. fermer.
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3. ferme [fɛʀm] n. f.
ÉTYM. 1690; de fermer « fixer ».
Technique.
1 Archit. Assemblage de pièces destinées à porter le faîtage, les pannes et les chevrons d'un comble. Charpente, comble. || Ferme en bois, en fer, en fonte, en tôle. || Pièces d'une ferme. Arbalétrier, chantignole, chevron, contre-fiche, contrevent, entrait, poinçon, semelle.
1 Mais par un miracle, on peut le dire, le toit de la maison, supporté sur ses solides fermes, résista, et la maison elle-même, après s'être enfoncée à une certaine profondeur, s'arrêta, mais l'eau dépassait d'un pied le niveau du grenier.
J. Verne, le Pays des fourrures, t. II, p. 269.
2 (1752; de fermer [une ouverture]). Théâtre. Décor de théâtre monté sur châssis, qui se détache en avant de la toile de fond ou s'élève des dessous par des trappes ( Trappillon).
2 Deux fermes, sur lesquelles on avait peint des charbons ardents (…)
Voltaire, Lettres, Duc de Villars, 25 mars 1762.
DÉR. 1. Fermette.
HOM. 1. Ferme, 2. ferme. — Formes du v. fermer.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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